L’Affaire Poucet

Le 18 novembre, la classe théâtre a assisté à un spectacle de théâtre d’objets : L’Affaire Poucet de la Compagnie Bakélite, au Strapontin à Pont-Scorff. Au cours de l’année, les élèves assistent à 4 spectacles obligatoires et 4 facultatifs qui nourrissent leur travail de réflexion sur la mort au théâtre.

Mélangeant le conte que tout le monde connait à une histoire haletante, L’Affaire Poucet fait peur. Une table de deux mètres carrés, des lumières hors du commun, un comédien loufoque et effrayant, des personnages qui se réduisent à des magnétophones : voilà les ingrédients principaux de ce spectacle. Nous l’avons tous trouvé super, malgré une durée un peu courte (45 minutes) et un jeu qui a paru trop statique à certains.

Un seul acteur interprète quatre personnages : un inspecteur de police, Poucet, l’ogre, un juge. L’inspecteur Wolf est le narrateur. Costume sombre, une cravate bordeaux sur une chemise blanche. Son apparition ne laisse pas d’inquiéter : on ne voit d’abord que ses doigts, puis son visage effrayant éclairé par une lumière aveuglante. La fin du spectacle confirme notre impression : un couteau est planté, un crime est commis, un son perce nos tympans et la lumière s’éteint.

Le choix du comédien metteur en scène est de représenter ses personnages de manière partielle ou grâce à des objets : un magnétophone debout fait une tête, les bras du comédien complètent le corps.

Le spectacle est basé sur le conte du Petit Poucet mais certains changements ont lieu : le conte devient enquête policière et procès de Poucet. De nouveaux personnages sont ajoutés : l’inspecteur, la grand-mère, des psychiatres, une foule, un juge. On retrouve cependant le conte original raconté par Poucet : c’est sa version des faits. C’est intéressant de moderniser ainsi un conte. Différents périphériques audio sont utilisés pour notre plus grand plaisir. Des magnétophones sont des personnages à part entière. Ils sont activés manuellement par le comédien, ce que nous avons beaucoup aimé. Ça crie chez les spectateurs, pris par l’illusion de personnages vivants et charismatiques créée par de vulgaires magnétophones !

La lumière, elle aussi, est un élément essentiel dans ce spectacle. Elle crée une ambiance intimiste, une sorte de tête à tête entre le spectateur et l’unique comédien.Cet effet est produit en focalisant la lumière en un point : le bureau. Six projecteurs étaient fixés au-dessus du bureau qui se transformait ainsi en différents lieux : un bureau de commissariat, une voiture, la maison de l’ogre, une forêt, une cuisinière !

Nous sommes ainsi captivés par ces seuls points de lumière sur une scène entièrement noire. L’angoisse et la peur sont renforcées par deux projecteurs placés à jardin, créant des ombres importantes travaillant notre imagination. Vous allez voir, ce spectacle retourne les entrailles rien qu’avec la lumière. En revanche, nous avons trouvé dommage que le comédien ne manipule pas davantage les lumières.

Le 09/12/2016 article réalisé par Alexis, Ninon, Zoé et William